Contre l’agression publicitaire

Les sociétés de transports publics vendent des services de transport… mais pas seulement. Elles vendent aussi de l’espace publicitaire, c’est-à-dire une part du « temps de cerveau disponible » des millions de franciliens qui empruntent les transports en commun chaque jour.

J’ai défendu en séance publique du Conseil régional un amendement pour engager la région dans une politique déterminée contre ce matraquage publicitaire. Plusieurs collectivités pionnières à travers le monde ont déjà pris de telles décisions. Le Vermont, le Maine, Hawaii et l’Alaska ont interdit les panneaux publicitaires dans l’espace public, tout comme 1300 municipalités. En Europe, la ville norvégienne de Bergen a fait de même, et d’autres restreignent sévèrement l’affichage.

Sao Paulo au Brésil est la première grande ville à les bannir totalement. L’arrêté « ville propre » interdit également la pub sur les taxis et les autobus, et réglemente rigoureusement les enseignes des magasins. Sao Paulo est désormais une ville sans publicité, et nombreux sont ceux qui, dans cette métropole de 11 millions d’habitants, la jugent plus belle ainsi. Devant cette réussite, Rio de Janeiro, Brasilia, Porto Alegre, et même Buenos Aires, capitale de l’Argentine voisine, envisagent à leur tour des mesures visant à restreindre ou interdire la publicité extérieure. La Région Ile-de-France doit s’inscrire dans ce mouvement visant à libérer la ville de la publicité et être la première région d’Europe à prendre une telle décision.

Si nous ne réagissons pas, l’invasion publicitaire se développe sans limites. Ainsi, Metrobus, société qui vient de voir son contrat renouvelé avec la RATP, a récemment choisi d’aller encore plus loin dans l’agression publicitaire en installant des panneaux à Affichage à cristaux liquides (ACL) dans lesquels sont intégrés des capteurs qui permettent de mesurer le nombre de personnes qui passent devant la publicité et quelle partie est la plus regardée. Ces panneaux ACL constituent une véritable attaque contre les libertés individuelles. La Région doit la condamner et agir pour stopper leur installation.

Notre groupe a déposé un amendement pour que la Région se dote des moyens financiers pour lancer une étude permettant de mettre en œuvre la suppression de la publicité dans les plus brefs délais et ainsi de garantir la tranquillité et le respect de la vie privée de l’ensemble des voyageurs.

Je l’ai défendu en séance :

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Cet amendement a été voté sous une forme modifiée par l’Assemblée. L’étude portera sur le développement de la publicité commerciale et l’agression publicitaire. Nous serons vigilant quant à sa mise en oeuvre.

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François Delapierre