Jeudi je participais à une initiative de notre liste pour dénoncer la municipalité hors-la-loi de Savigny-sur-Orge. Cette commune est en effet l’une des nombreuses d’Ile-de-France qui refuse de construire des logements sociaux alors que la loi y a fixé un nombre minimum de 20% pour chaque ville de plus de 1500 habitants.
Nous avons choisi Savigny parce qu’ici la municipalité RPR puis UMP se vante depuis plusieurs années de ne pas construire de logements sociaux. Pourtant je suis sûr que la majorité de ses habitants sont sincèrement émus par les drames du mal-logement, rappelés il y a quelques jours par la Fondation Abbé Pierre ou tout récemment par la mort d’un habitant d’Yerres qui dormait dans sa voiture. Notre objectif est donc de faire comprendre que l’émotion humaine suscitée par le sort des mal-logés doit se traduire par des choix politiques. Et à l’occasion de ces élections nous proposons notamment que la Région cesse de subventionner les communes qui ne respectent pas la loi SRU.
Des militants déguisés en douaniers arrêtent les passants à la sortie de la gare pour leur demander d’ils ont les moyens de résider à Savigny. Les petits revenus sont invités à circuler rapidement en rasant les murs. Un Poste frontière est installé et des panneaux de signalisation proclament « bienvenue dans une ville hors la loi ». Bien sûr l’humour de cette farce grinçante est une manière d’interpeler et de faire réfléchir. Passé la surprise, l’accueil est favorable. Mais tout le monde ne rit pas. Visiblement notre manège irrite les édiles saviniens. Nous sommes assez vite encerclés par la police municipale. Un adjoint au maire furibard nous aborde. « Non nous ne sommes pas hors la loi » éructe-t-il. Nous nous étonnons sachant que Savigny ne compte que 13% de logements sociaux. Alors il s’explique : « Nous payons l’amende ! ». Les mal-logés apprécieront. J’imagine la même ligne de défense de la part de voleurs de mobylettes. Sarkozy aurait déjà fait quatre lois, l’une pour tripler les amendes, l’autre pour y substituer de la prison, la troisième pour instaurer des peines planchers et une quatrième pour sanctionner les récidives ! Malheureusement l’intérêt public n’est pas protégé dans ce pays. Et les mal-logés sont invités à dormir là où ils peuvent pendant que la municipalité UMP de Savigny paye ses amende.