François Delapierre, fidèle collaborateur de Jean-Luc Mélenchon

La Croix, le 4 mars 2012
ANTOINE FOUCHET

À 41 ans, François Delapierre fait partie, depuis plus d’une décennie, des plus proches collaborateurs de Jean-Luc Mélenchon.

« Notre stratégie, c’est la confrontation. » Ce slogan n’est pas de Jean-Luc Mélenchon, mais de son directeur de campagne, François Delapierre. Apparemment moins fougueux que lui, celui-ci n’en a pas moins le sens de la formule qui frappe. Frappés au coin de la lutte des classes, ces mots ont été prononcés en février, lors d’un débat télévisé où il était opposé à Florian Philippot, porte-parole de Marine Le Pen.

De vingt ans son cadet, François Delapierre a toujours été dans le sillage du candidat du Front de gauche. Il est devenu l’un de ses principaux collaborateurs, avec lequel sont rodés thèmes de campagne et discours.

François Delapierre a 16 ans lorsqu’il adhère au PS en 1986. Il vient de découvrir « le goût de l’action de masse » lors des révoltes contre la réforme Devaquet, qui prévoit d’instaurer une sélection à l’entrée des universités.

Fils d’une enseignante du secondaire et d’un chercheur en économie du CNRS, il anime la grève dans son lycée du Val-d’Oise. À l’instar de ses parents, il a le cœur à gauche. Mais lui, en plus, il milite. Et ses choix sont tranchés.

UNEF-ID ET SOS RACISME
De la contestation victorieuse contre le projet Devaquet, il a retenu le goût de la radicalité. Lorsque, en 1988, Jean-Luc Mélenchon et Julien Dray créent la Gauche socialiste, il adhère sans hésiter à cette aile gauche du PS, qui se veut critique envers la social-démocratie. Il milite également au syndicat étudiant Unef-ID et à SOS Racisme.

Parallèlement, François Delapierre étudie à l’Institut d’études politiques de Paris – qui lui paraît « un aquarium coupé du monde » –, puis à l’université de Nanterre, où il obtient un diplôme d’études approfondies en sociologie, après avoir soutenu un mémoire sur les emplois de proximité.

Pour le rédiger, il s’est mis durant quelques mois dans la peau d’un agent d’ambiance de la RATP et d’un livreur de pizzas. Une immersion, déjà, dans ce qu’il appelle « la fabrique de la conscience de classe populaire », qui guide son militantisme depuis le début.

RASSEMBLER LA GAUCHE DU PS
En 2000, François Delapierre intègre le cabinet de Jean-Luc Mélenchon, alors ministre délégué à l’enseignement professionnel du gouvernement Jospin. De cette époque date une collaboration étroite entre les deux hommes.

En 2005, lors du référendum sur la Constitution européenne, ils voient dans la victoire du « non », pour lequel ils ont fait tous deux campagne, une première récompense à leur engagement. Et se retrouvent en 2008 au Parti de gauche, créé par un Jean-Luc Mélenchon en rupture avec le PS, puis dans l’opération visant à rassembler la gauche du PS.

Aux côtés de Mélenchon, François Delapierre veille désormais à maintenir la fragile alliance au sein du Front de gauche avec le PCF mais aussi des formations moins connues comme Gauche unitaire ou Convergences et alternative.